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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 19:05

dommage de ne pouvoir commencer ensemble cette préparation, des retards en grappes, l'énergie du groupe est plus difficile à créer. je demande de bien observer l'échauffement de la machine qu'est le corps, le texte doit surgir naturellement dans les sons produits, ainsi il participe à la préparation. pour chacun un certain nombre de textes sont là prêts à s'échapper dans ce chaos qu'est le corps désarticulé dans l'espace. petit à petit l'acteur doit mettre sa machine en état de marche assez vite avec tous les outils dont il dispose : étirements, points d'appui, sons, pulsions, ruptures, postures, verticalité. il observe cette machine à laquelle il peut donner des ordres en fonction de l'état d'avancement de la préparation au sol. c'est l'autonomie à tester chaque jour chez soi si petit que soit l'espace disponible.
je laisse se poursuivre la préparation pour voir si quelque chose sort de lui-même. il y a une lassitude par rapport à la méthode de travail sur le texte du bruit des os qui craquent. on discute. je fais le point sur la question de tourner autour du texte : improvisation sur l'identité de chacun, avoir la trame de chaque scène, pouvoir commencer seul dans l'espace vide à raconter : le geste qui nous échappe devient le gestus à partir duquel la théâtralité peut se construire, la rage de l'enfant c'est la rage de l'acteur qui se doit d'être sur le plateau pour faire sortir ses démons, le conteur doit avoir cette assise, cette présence dans toute son humanité. tourner autour du texte c'est une fondation nécessaire pour aborder le texte aujourd'hui tel qu'il est écrit et chronologiquement. Je donne des outils sur comment travailler. mais chacun doit creuser son chemin d'une semaine à l'autre avec pugnacité. 
bien sur, nous ne serons jamais sur scène ces enfants soldats, mais donner à entendre le texte avec les corps d'enfants adultes que nous sommes, c'est questionner le monde. le theâtre n'a rien à voir avec les images de la réalité mais donner à sentir cette tragédie par des corps qui se mettent en jeu et racontent c'est notre travail. Ne pas juger, s'investir et ne rien attendre de l'autre, c'est l'autonomie, proposer dans tous les sens du terme et dans le plaisir. la nécessité doit devenir de ce plaisir de chercher.
je demande à chacun de prendre 5 mn et d'imaginer une théâtralité pour la première scène de la pièce.

Marielle propose deux chaises l'une en face de l'autre, les spectateurs sont assis par terre entre et autour d'eux, Elikia et Joseph quand ils racontent nous parlent quand ils jouent se font face et investissent les répliques, on peut imaginer qu'il puissent investir d'autres parties de l'espace pendant la scène.

Mélodie imagine deux conteurs Elikia à jardin et Joseph à cour, en avant scène, et les événements scèniques en profondeur : les protagonistes et le camp avec des images plus ou moins arrêtées pour ne pas illustrer trop les paroles des conteurs.

Catherine met un paravent au centre du plateau, elle choisit un seul conteur mais on passe vite à deux, car il faut différencier Elikia et Joseph, cette fois ils sont tous les deux à jardin, ils se répartissent les didascalies, annoncent les personnages qui sortent du paravent. ils annoncent la scène 1 la fuite : le camp apparaît avec les acteurs Elikia et Joseph à terre, les conteurs peuvent se déplacer en parlant, éventuellement devenir l'un ou l'autre des protagonistes. Echange entre conteur et acteur.

Pirrko propose que le public se mette au milieu de la scène, les acteurs conteurs autour, à l'annonce de la première réplique d'Elikia, tous les acteurs se jettent au sol autour du public, le texte est réparti entre tous de façon arbitraire, c'est en fermant les yeux que je réalise que ce début pourrait se jouer dans le noir total avec ces chuchotements, mais si je pense à la salle de théâtre cela me semble impossible alors quelqu'un me dit qu'on pourrait commencer dans les gradins plutôt que de mettre les gens sur la scène. c'est judicieux, l'arrivée sur le bord du plateau pourrait se faire quand Elikia dépose Joseph avant d'aller effacer les traces.
ainsi une idée même si elle n'est pas immédiatement percutante peut amener à trouver la bonne. et surtout l'idée venant de vous l'atelier devient ce qu'il doit être un endroit où chacun cherche et propose.

Dominique et l'insensé : l'homme se fait plaisir, je fais refaire la scène en intégrant le public dans l'histoire, ne pas nous quitter des yeux, aller moins vite dans le texte qu'on puisse en profiter c'est quand même Nietzsche qui écrit. trouver la voix du narrateur plus posé dans le corps, trouver le moment d'éteindre la lampe, être encore plus dans le chant religieux et chercher les éventuelles traces de dieu avec la lampe, le passage de cet homme est court il doit nous laisser en réflexion entre rire et pensée...

nous nous revoyons le 12 avril, apprenez le maximum de textes, avancez sur identité en doublant les distributions, sur le bruit des os avec des propositions sur les scène 1 et 2 fuite et rivière et plus si possible, les projets personnels écritures en cours, écritures orales à exploiter.Ce que nous présenterons le 14 juin dépendra de l'avancée des travaux, il y aura de toute façon aussi une part d'improvisation qui à un moment donné sera annoncée comme telle. 
Bon travail et joyeuses Pâques


 

Par dormoy
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